Immatriculations impayées: les «scanners» du SPVM rapportent

8 Aug 2014

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) fait de bonnes affaires avec les systèmes de reconnaissance de plaques d’immatriculation (SRPI) qu’il a achetés il y a trois ans. Mais il n’a pas l’intention d’acheter davantage de ces «scanners» pour autant.

Montréal, 8 août 2014. Trente appareils ont été installés sur autant de véhicules de patrouille en mai 2011, et, au 30 juin 2014, ces systèmes avaient lu plus de 12,7 millions de plaques d’immatriculation. Aussi le nombre de constats d’infraction remis grâce aux SRPI frôle-t-il les 30 000, apprend-on en consultant les chiffres que le SPVM a remis à La Presse en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

À elles seules, les contraventions pour immatriculation impayée à l’échéance totalisent 687 660$. Ces constats sont habituellement de 438$ chacun. Le SPVM en a remis 1570 en trois ans, en faisant la contravention la plus courante à être détectée par les SRPI.

Des usages «intéressants»

Ces systèmes, dont les coûts annuels d’opération sont de 90 181$, rapportent. Mais ce n’est peut-être pas en termes de dollars que leurs bénéfices les plus intéressants se calculent.

«Nous donnons 600 000 constats en mouvement [outre des billets de stationnement] en moyenne par année, illustre l’inspecteur André Durocher. Donc, les 10 000 constats remis annuellement avec les SRPI constituent un infime pourcentage.»

Là «où c’est intéressant», dit-il, c’est quand les SRPI sont utilisés dans le cadre de disparitions, de recherches de véhicules volés ou d’opérations mises en branle après le déclenchement d’une alerte Amber.

«Il est arrivé qu’on retrouve des personnes disparues, indique l’inspecteur. Il est aussi arrivé qu’on retrouve un conducteur qui faisait l’objet d’un mandat d’arrestation. Ce sont des choses communes.»

Le système, composé de deux lecteurs optiques installés à même le toit des véhicules de patrouille, est activé par les policiers au début de leur quart de travail. Il lit automatiquement toutes les plaques d’immatriculation et avertit les policiers quand l’une d’elles présente des irrégularités – droits d’immatriculation impayés, véhicule recherché ou permis de conduire suspendu, par exemple.

«C’est un outil qui a fait ses preuves, qui peut avoir des usages très intéressants», reconnaît André Durocher, qui évite cependant de qualifier l’installation de SRPI de «succès», car il n’est «qu’un outil parmi tant d’autres».

Actuellement, 30 des 500 véhicules de patrouille du SPVM sont équipés d’un SRPI. Et ce nombre ne devrait pas augmenter, pour des raisons budgétaires. «On ne peut pas tout avoir, concède l’inspecteur. Si on avait un budget illimité, toutes les auto-patrouilles en auraient un.»

Marie-Michèle Sioui La Presse

– Avec la collaboration de Serge Laplante

Publié le 08 août 2014 à 08h16

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